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TAP-rando Le Blog de mes petites balades…

CABANE D'AOUEN

Patrick TAP

Dimanche 12 janvier 2014 : Solo

  • Cabane d'Aouen 1.550m

Nous arrivons de Toulouse. Charlotte et moi passons prendre Caroline à Saint-Girons pour déjeuner sur la terrasse ensoleillée de Cescau. 

Après avoir ouvert la maison, l'eau, le chauffage, les volets... Je n'attends pas le repas et avale rapidement un Taboulé pour ne pas perdre une minute de Montagne.

Je laisse Charlotte et Caroline et quitte la maison en voiture à 13h pour la garer dans la vallée du Ribérot 25mn plus tard.

Je prévois d'aller à l'étang de Milouga mais le temps va me manquer car la nuit tombe à 16h30.

La montée est fabuleuse dans la forêt du Muscadet. Je marche dans 20cm de feuilles mortes qui par endroit recouvrent la neige. J'apprécie au plus haut point mes bâtons de marche qui me font l'effet d'avoir 4 roues motrices. Je m'accroche partout et monte rapidement sans effort. Vraiment génial. Je suis fier aussi de ma nouvelle veste MILLET.

En sortant de la forêt, je trouve le soleil et la neige se fait plus abondante. Je décide alors de changer les rondelles de mes bâtons.

Un abri plus qu'une cabane se trouve sur le chemin. Le chemin n'est pas visible dans la neige et les souvenirs du parcours sont lointains (10 ans, peut-être davantage) Je prends visiblement la mauvaise décisionet fait le mauvais choix en voulant passer au dessus de l'abri et traverser les éboulis de pierres et de neige. Malgré tout, c'est magnifique. Je vois un Isard qui me tourne le dos plus qu'il ne s'enfuit en me snobant littéralement. Comment savoir si la neige va supporter mon poids ? Comment savoir si je ne vais pas traverser la neige dans un trou entre deux rochers ? C'est simple : lorsque je m'enfonce de tout mon corps et me rattrappe in-extrémis en écartant les bras sur la neige, là, je sais que je suis dans un trou assez profond ! Mes bâtons me sont plus que jamais utiles et précieux dans ces passages vertigineux et glissants (neige, rochers, herbes et rododhendrons).

Il est 16h quand je décide d'abandoner mon objectif, de renoncer et d'entamer la descente.

J'ai déjà avalé les 1,5 litre d'eau emportés. En passant tout près de la cascade, je rempli ma bouteille de cette eau merveilleuse des montagnes. De la neige fondue...

Mes lunettes jaunes éclaircicent un peu le chemin.

Arrivé sur le parking, un jeune couple de randonneur vu là-haut, range les sacs dans le coffre de leur camionette.

Je fis brusquement demi-tour et revins sur mes pas lorsque je vis monsieur pisser non loin de ma voiture. Je lui laisse deux minutes que j'occupe à consulter les panneaux et les cartes du Ribérot avant de regagner l'audi. Après ce court délai mais largement suffisant, me rapprochant de la voiture, je vis une belle paire de fesses blanches et rebondies. Madame se tenait là, accroupie devant moi et devant sa camionette. Elle aussi à bien le droit de soulager ce besoin si pressant. Je ne lui en ai pas voulu.

 

Dans la voiture, en sortant du village d'Ayer, la transpiration se fait de plus en plus abondante. Mais que se passe-t-il, je n'ai pas transpiré autant dans les pires moments de la montée ? Dans le rétroviseur, je vois le visage d'un cadavre, plus blanc qu'un lavabo, aux lèvres sèches et grises. Oh là ! Rien ne va plus ! Je suis à deux doigts de vomir. Je repense à l'eau si pure de la cascade, je pense à la gastro, je ralenti et m'aprète à ouvrir la portière en cas d'expulsion et de retour forcé à la frontière de la dignité. A Castillon, je vais déjà mieux. Ouf, ce n'est pas passé très loin !

 

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